Matisse m’a rappelé quelque-chose d’essentiel.
Exposition Matisse – Matisse, 1941-1954 , Grand Palais, Paris
Samedi dernier, Grand Palais, Paris
Je me suis retrouvée face à ces découpages, ces formes arrachées au papier peint de gouache bleue, ces couleurs vives qui sentent bon la joie, le vivant, ces silhouettes jetées sur fond blanc.
Et puis j’ai réalisé.
Mon fils, à la table du salon, des ciseaux, du papier coloré, une concentration d’enfant. Moi à côté, qui découpais avec lui sans vraiment penser que quelques heures plus tard je serais devant les toiles de cet artiste.
Milo, juin 2026 sympa nan ? 🙂
Quelques pas plus loin, une contemplation silencieuse.
Les couleurs. Ces bleus. Ce rouge qui ne demande pas la permission. Ce jaune qui occupe l’espace comme s’il avait toujours été là. Les compostions, l’assemblage de ces formes abstraites qui racontent une histoire,…
Il faut se souvenir du contexte en pleine seconde guerre mondiale ou juste après, un homme qui ne pouvait presque plus tenir un pinceau : cette audace, ce culot, ce… je peins bien ce dont j’ai envi et comme j’ai envi.
Inventer une nouvelle façon de faire plutôt que de s’arrêter. Décider que la contrainte allait devenir le style. Ce qu’on perd d’un côté, on peut le retrouver ailleurs, autrement, avec plus de force encore.
C’est une des plus belles leçons d’inspiration créative que je connaisse en design.
Et puis en sortant, j’ai pensé à mes dessins de nu.
Ceux que je faisais pendant mes études et puis que j’ai recommencé à faire juste avant la naissance du petit. Ces dessins rangés dans un carton, quelque part. Une partie de l »héritage » que je transmettrai au petit :
« OSE » « Ose coucher sur le papier, des traits, des formes, des idées, créé autant que tu veux, sans te juger. Regarde ce visage sur fond jaune de notre cher Matisse. Que vois-tu ? »
Je ne sais pas pourquoi j’ai arrêté. Promis je m’y remets 🙂
Matisse, lui, n’a jamais vraiment arrêté. Il a juste changé d’outil.
Matisse, Visage sur fond jaune, 1952.
Les couleurs comme langage, les grands maîtres classiques pour référence.
Les couleurs jouent un rôle central dans l’exposition.
Elles ne crient pas, mais elles vivent.
Des tons profonds, des lumières douces, des contrastes subtils — parfois plus vibrants.
Les couleurs racontent la ville autant que les personnages.
Elles donnent une chaleur aux scènes urbaines, parfois froides ou impersonnelles.
Elles rappellent que la ville est faite de matière, de peau, de vibrations.
Matisse, Les bêtes de la mer…, 1950.
Je suis Alizée, directrice artistique et graphiste. Si mon univers vous appelle et ma sensibilité vous touche,